Crééen 1946, L'Officiel des spectacles est l'hebdomadaire de référence du spectacle à Paris et dans sa région. Pièces de théâtre, expositions, sorties cinéma, concerts, spectacles enfants : vous trouverez sur ce site toute l'actualité des sorties culturelles de la capitale, et bien plus encore ! Pour ceux qui sortent à Paris et ses environs, c'est aussi le guide
BarbetSchroeder, Bulle Ogier et Marie-France Pisier sont Olivier, Camille et Sophie, les trois sinistres locataires d’une grande et vieille demeure. Lointainement inspirée d’un roman d’Henry James ( L’autre maison) et souvent comparée aux contes de Lewis Carroll ( Alice au pays des merveilles et Alice de l’autre côté du miroir
Clefsde lecture L incipit du roman Première partie, chapitre I De « Quand la caissière » à soldat tombé dans le civil. » « p. 22-23 Compréhension Présentation de Georges Duroy • Relever le nom du héros, le lieu et la date de l action. Dès l’incipit, le héros est nommé : Georges Duroy. L’action débute le 28 juin - l’année n’est pas précisée - et se passe à Paris
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Commentaires: tourné à Paris, à Neuilly, à la Rochelle et dans l’île de Ré, ce téléfilm finalement assez grave s’intéresse aux rapports des enfants avec le monde des adultes. La comédienne américaine Mimsy FARMER, plutôt rare à la télévision française, est particulièrement émouvante. Quant aux deux enfants, ils sont épatants de naturel.
jeanne actrice dans les amants et viva maria! placard : polygame : taylor: elizabeth, 8 mariages et 7 maris: amirales: leurs maris n'ont plus de vice: beauxfreres : gigolos: jeunes amants: polyandre: une femme qui a plusieurs maris: pontneuf: a paris, construction liee a des amants de cinema: verone: cite d'amants celebres: veuves: elles
Elledevient monitrice de pilotage pendant six mois, donne des baptêmes de l’air à Paris et fait de la publicité aérienne. Elle n’a aucun financement et le pilote Drouhin va l’aider en lui donnant un poste de premier pilote. Elle va établir de nouveaux records, de distance (1058 kms), de durée de vol (26h44 puis 37h55), puis, à nouveau, de distance (2976 kms). Pour ce dernier
Amants », 1 h 42, mercredi 17 novembre (1) « Royan, la professeure de Français » du 17 janvier au 3 février 2022 au Théâtre de la ville à Paris. Texte Corps Article
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l3l5. Dans la lignée LGBTQI+, les objetsexuels réclament le droit à la reconnaissance. Amoureux d’un pont, d’une voiture, d’une valise ou d’une chaise, ils affirment ne pas être des fétichistes, car leurs relations disent-ils confinent au mars 2020, vers 3 h 30 du matin, un inconnu choisit une voiture dans le petit parking qui jouxte l’église catholique Saint-Joseph à Bâle, baisse son pantalon puis se frotte contre le capot en faisant tant de bruit qu’il réveille la propriétaire. Depuis la fenêtre, celle-ci filme la scène. Le détraqué a fait l’amour avec ma BMW», raconte-t-elle, affirmant que l’inconnu a laissé les traces explicites de son forfait. Le journal 20 Minutes qui relate l’affaire parle d’objectophilie». Le terme date de 2002 1, mais il désigne une catégorie de personnes dont l’existence – bien plus ancienne – suscite l’intérêt croissant des chercheurs. Comment parler des personnes amoureuses d’un objet sans en faire les spécimens d’une catégorie de doux dingues sortis tout droit d’un freak-show ?En 1984, l’anthropologue américaine Gayle Rubin pionnière de la théorie queer est la première à réfuter les arguments traditionnels – ceux des psychologues – qui assimilent l’objectophilie» à un désordre psycho-sexuel. Dans un article intitulé Penser le sexe», elle se moque Aucun amateur de cuisine épicée ne sera taxé d’immoralisme, emprisonné ou exclu de sa famille. Mais un individu peut être jeté en prison pour trop aimer les chaussures en cuir.» Empruntant à Foucault l’idée que les désirs sont des pratiques sociales et que de nouvelles sexualités sont constamment produites», Gayle Rubin 2 s’insurge contre le système qui punit ou stigmatise les goûts érotiques divergents. Les individus dont le comportement sexuel correspond à la norme sont récompensés par un certificat de bonne santé mentale», dit-elle. Les autres sont présumés malades, voire pire au mur de BerlinEt si les déviances se propageaient comme des virus ? La crainte existe, nourrie par la visibilité croissante de communautés sexuelles bizarres qui créent des réseaux et médiatisent leurs histoires intimes. C’est le cas, notamment des membres du groupe objectum sexuality» OS. L’expression OS date des années 70 au moment même où Foucault démontre, dans son Histoire de la sexualité, que la société favorise des proliférations de pratiques érotico-inédites, une Suédoise appelée Eija-Riitta Eklöf 1954-2015 invente l’expression objectum sexualité» pour désigner son attirance pour les objets. En 1979, elle épouse le mur de Berlin, changeant son nom de famille pour celui de Berliner-Mauer mur de Berlin» en allemand. En 1996, elle crée le premier site internet dédié à l’attirance pour des artefacts et des édifices. En 1999, elle lance un forum en ligne, afin que le mouvement se soude via les Eija-Riitta était déjà très attirée par les structures d’acier ou de bois marquées de lignes parallèles, les rails de chemin de fer, les guillotines, les ponts et les constructions symétriques. A l’âge de 7 ans, ainsi que le veut sa légende, elle aurait vu un mur à la télévision le mur de Berlin ou, pour le dire avec ses mots le mur le plus sexy qui ait jamais existé». Maquettiste de profession, Eija-Riitta fait des économies pour se rendre à Berlin aussi souvent que possible. Après la chute du Mur, fin 1989, elle se considère comme veuve. Longtemps inconsolable, elle finit par se remarier avec une barrière de bois rouge. La petite barrière rouge sert maintenant de logo aux membres de la communauté OS. Cette communauté compte, parmi ses membres fondateurs, une championne américaine de tir à l’arc, Erika LaBrie, tombée amoureuse de la tour Eiffel en tour Eiffel, des voitures, un hélicoptèreL’histoire d’Erika, alias Mme Eiffel», est tout aussi éclairante que celle d’Eija-Riitta. Au début, Ericka est amoureuse d’un archer mais il la quitte car, dit-elle, je lui préférais son arc». De fait, elle entretient une véritable passion pour les objets courbes, galbés, en tension – sabres japonais, avions de chasse… et c’est pourquoi, rencontrant» la tour Eiffel lors d’une visite à Paris, elle éprouve le coup de foudre. Le 8 novembre 2007, Erika convie des proches à la cérémonie d’engagement qu’elle célèbre au sommet de la tour. Caressant les rivets, enlaçant les poutres, au milieu de touristes ébahis par la scène, elle déclare son amour Tu es de métal et moi de chair. Tu rouilles, je saigne. Tu es froide, je suis chaude. Tu brilles, je chante.»Dans un documentaire du National Geographic intitulé Forbidden Love, celle qui se fait alors appeler Erika Eiffel déclare Je suis une personne qui est amoureuse, très amoureuse, mais qui est amoureuse d’un objet.» Dans le même documentaire, Edward Smith, un Britannique de 66 ans, affirme avoir eu des relations sexuelles avec plus de sept cents voitures et un hélicoptère d’attaque mais rester profondément lié à sa première conquête Coccinella Vanilla, une Volkswagen de 1965. Que penser de ces liaisons hors-norme ? En 2010, Jennifer Terry, chercheuse en sciences humaines et spécialisée sur le genre et la sexualité à l’université de Californie, essaye de démontrer que l’amour pour un objet un chandelier, un manège, une gare ou un jeu vidéo, par exemple n’est pas aussi étrange qu’on pourrait le croire».Suspicion et poncifsDans les médias, deux explications sont généralement avancées le syndrome d’Asperger et un traumatisme d’enfance. Il est de fait souvent rappelé qu’Erika a subi des violences sexuelles quand elle était plus jeune. La suspicion de déficience mentale pèse lourdement sur les membres d’OS, souvent filmés alors qu’ils se livrent à des actes intimes» en apparence abscons faire coulisser leurs doigts dans un roulement à billes puis se barbouiller le visage avec la graisse, se coller contre un mur et lui chuchoter des mots doux… Un truc de malade», aux yeux du grand public. Pour Jennifer Terry, les médias sont coupables car ils pathologisent des sexualités jugées anormales. Faudrait-il, pour autant, définir l’attirance pour les objets comme une orientation», à ranger aux côtés de l’hétérosexualité ou de l’homosexualité ? La tentation est grande de souscrire à cette idée car elle permet de défendre un monde plus tolérant» où l’on ne juge personne ni sur ses goûts alimentaires, ni sur ses partenaires préférés.De fait, les membres de l’OS sont les premiers à proclamer qu’ils sont nés comme ça» et que tout comme les personnes qui aiment des humains de chair et d’os», ils établissent avec l’objet une relation d’échange réelle car l’objet a une conscience», disent-ils. L’objet les aime, l’objet les désire et leur amour se double d’une connexion spirituelle» qui surpasse en intensité tout autre type d’attachement, disent-ils. La stratégie discursive des objets sexuels ne saurait cependant tromper personne dans leur volonté de légitimer leurs pratiques, ils en viennent à reproduire les poncifs les plus éculés de l’idéologie bourgeoise dominante. Ils parlent d’un amour exclusif et de mariage romantique. Ils dénigrent les fétichistes qui sont, à leurs yeux, des pervers car les fétichistes abusent des objets qu’ils utilisent comme instruments masturbatoires». Ce faisant, non seulement ils reproduisent les jugements moraux et les clichés qu’ils prétendent combattre mais ils adhèrent à un système qui place la monogamie conjugale au sommet de la hiérarchie dans l’ordre des encore sous couvert de lutter contre un discours médical celui des catégories nosographiques, ils en perpétuent la logique car ils inventent eux-mêmes des étiquettes nouvelles. C’est ainsi qu’au sein de la communauté des objets sexuels, certains revendiquent leur nature de mechasexuels amants et amantes d’engins et de véhicules, tandis que d’autres se rallient à l’étendard des mobiliersexuels amants et amantes de meubles et de luminaires. Les articles relatant des cas toujours plus insolites d’amours hétérodoxes sont en augmentation. Maintenant, pas un mois ne passe sans que les journalistes s’étonnent d’une union loufoque» – contribuant à formater de nouvelles pratiques amoureuses, favorisant l’émergence de discours identitaires et, ainsi, renforçant l’idée que la sexualité n’est pas quelque chose que l’on fait mais quelque chose que l’on un objet, c’est mal !L’histoire se répète. Au XIXe siècle, les médecins requalifient les conduites en identités sexuelles l’acte devient une orientation» constitutive de l’être et libéralisent les déviances qu’ils traitent comme de simples variantes à classer de l’acceptable à l’illicite. Au XXIe siècle, les militants en faveur de l’objetsexualité reconduisent la même logique délétère. Ils revendiquent une étiquette qui les assigne à ne pouvoir désirer qu’une seule catégorie de partenaires, dans l’espace délimité – sécurisé – d’un périmètre amoureux minuscule. Puis ils réclament le droit d’exister au nom de valeurs empruntées à l’ordre hétéronormatif mariage d’amour, relation consensuelle, etc. Certains vont jusqu’à condamner le plaisir, comme s’il s’agissait d’un délit odieux, accusant les fétichistes d’instrumentaliser l’objet qu’ils transforment en sextoy» et d’abuser de lui en ignorant ses besoins affectifs».1 Love Among the Objectum Sexuals», article de la psychologue Amy Marsh, publié dans Electronic Journal of Human Sexuality, Vol. 13, mars 2010.2 Gayle Rubin. Surveiller et jouir. Paris, EPEL, coll. Les classiques de l’érotologie».
Vous aimez vous détendre devant un bon film lorsque vous avez du temps libre ? Nous aussi ! Voilà des cinémas insolites, pour profiter d’un bon film tout en découvrant les lieux atypiques de la capitale !1 MK2 Bibliothèque © mk2proLes salles de cinéma pour une sortie romantique !En effet, les 16 salles de ce multiplexe devraient plaire aux amoureux grâce à ses loveseats » qui permettent de relever les accoudoirs entre deux sièges. En plus de cela, la programmation est de qualité. Jugez-en par vous-même !Adresse 128-162 Avenue de France, 75013 Paris RER C et Métro 14 Bibliothèque François-MitterandTarif moyen 11 €2 Le Germain Paradisio © mk2agencyUne expérience de cinéma unique dans une atmosphère chic en plein Paris !Le Germain Paradisio est la première salle de cinéma privée, vous donnant la possibilité de créer votre cinéma club sur mesure ! Et qui n’aime pas grignoter devant un bon film ? Ce cinéma propose également un service de restauration pendant la projection !Pour privatiser cette salle, c’est par ici !Adresse 25 Rue de Buci, 75006 Paris Métro 10 MabillonLe prix dépend de votre Le Studio 28 © cinema-studio28Salle mythique, décor vintage, un cinéma dans lequel on retrouve le charme parisien ! C’est d’ailleurs le cinéma dans lequel a été tourné le film Amelie Poulain avec Audrey Tautou. Le cinéma possède également un café très convivial pour boire un coup avant la séance !Cliquer ici pour un aperçu du programme. Adresse 10 Rue Tholozé, 75018 ParisMétro ligne 12 Abbesses et ligne 2 BlancheTarif moyen 9 €4 Le Grand Rex © parisinfosLe plus grand cinéma d’Europe possède une salle aux allures de salle New Yorkaise dans un décor splendide !La féerie des eaux est particulièrement à voir, vous allez être éblouis par tous ces jets d’eaux lumineux au-dessus de vos têtes ou presque ! Après votre séance, profitez-en pour visiter Rex Studios un voyage imaginaire dans les coulisses du cinéma ! autre article Pour réserver votre séance, c’est par ici. Adresse 1 Boulevard Poissonnière, 75002 Paris Métro ligne 8 et 9 Bonne NouvelleTarif moyen 12 €5 Le Louxor © Louxor est l’un des derniers cinémas de Paris datant des années 20 et possède l’une des plus belles salles de cinéma !Profitez-en pour faire un tour sur la terrasse du bar du Louxor, un endroit discret et charmant, très agréable pour boire un verre lors des beaux en savoir plus ou simplement réserver votre séance, c'est juste 170 Boulevard de Magenta, 75010 Paris Métro ligne 2 et 4 Barbès-RochechouartTarif moyen 10 €6 Les cinémas insolites de la VilletteLa géode © vacationscruisetravelsUn voyage unique et agréable pour les petits comme pour les grands, dans laquelle vous serez totalement immergé dans le les planètes comme si vous y étiez, baladez-vous à côté des pandas ou encore observez les baleines qui nagent au-dessus de vous…. Des expériences surprenantes !Inscrivez-vous vite pour vivre ce voyage 26 avenue Corentin Cariou, 75019 Paris Métro 7 Corentin CariouTarif moyen 12 €Le Pathé Villette © cnewsmatinCe cinéma innovant vous propose plusieurs salles insolites !La salle high tech qui vous propose de vivre une expérience de cinéma absolue grâce aux fauteuils 4D X, vous serez plongés au cœur du film ! Pour réservez votre place, ça se passe ici. © allocineLa salle Mômes », qui plaira à coup sûr à vos enfants ! Elle est entièrement prévue pour eux entre 2 et 14 ans.Pour être sûr d’avoir des places dans cette salle, réservez en avance sur ce site. Adresse 30 Avenue Corentin Cariou, 75019 Paris Métro 7 Porte de la VilletteTarif moyen 20 € pour les séances 4D X et 12 € pour la salle Mômes 5 € pour les moins de 14 ansCinéma en plein air dans le parc de la Villette © lefigaroChaque année, durant les beaux jours juillet-août, des séances gratuites sont programmées dans le parc de la Villette. Un moment de détente en plein air, idéal pour un pique-nique, sans oublier surtout la bouteille de vin !Petit plus vous pouvez même louer votre transatAdresse 211 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris Métro 5 Porte de PantinMaintenant que vous connaissez ces cinémas insolites, il n’y a plus qu’à se munir de pop-corn et profiter du moment ! Retrouvez-nous sur notre site
Le Monde Afrique L’écrivain cinĂ©aste dĂ©nonce la violence d’une sociĂ©tĂ© hypocrite vis-Ă -vis de la sexualitĂ©. Ecrivain, homosexuel, marocain, musulman. Abdellah TaĂŻa est tout ça Ă la fois et dans n’importe quel ordre. A 43 ans, il est l’un des premiers auteurs du monde arabo-musulman Ă avoir rĂ©vĂ©lĂ© son homosexualitĂ© publiquement. C’était en 2006, dans un journal marocain, dĂ©fiant ainsi la loi qui condamne les homosexuels. Depuis, il entretient un lien Ă la fois complexe et attachant avec sa famille et son pays, qu’il a quittĂ©s il y a près de vingt ans pour poursuivre ses rĂŞves de cinĂ©ma et de littĂ©rature Ă Paris. Auteur d’un film et de plusieurs romans inspirĂ©s de son enfance, laurĂ©at du prix de Flore en 2010, Abdellah TaĂŻa a choisi d’apprendre le français pour raconter le Maroc des pauvres, oĂą il est nĂ© et a grandi. Sur la planète » Hay Salam, un quartier populaire de SalĂ©, près de Rabat, dans une famille de neuf enfants, oĂą ni le français ni l’homosexualitĂ© n’avaient leur place. Son dernier roman, Celui qui est digne d’être aimĂ©, est en lice pour le prix Renaudot cette annĂ©e. Dans un entretien au Monde Afrique, Abdellah TaĂŻa revient sur son enfance tourmentĂ©e et les nombreuses contradictions qui continuent de ronger la sociĂ©tĂ© marocaine. Vous avez dĂ©couvert votre homosexualitĂ© très jeune. Comment construire son identitĂ© dans un pays qui la condamne ? Abdellah TaĂŻa A l’époque, l’idĂ©e d’avoir une identitĂ© homosexuelle ne me traversait mĂŞme pas l’esprit. Dans les annĂ©es 1970 et 1980, il n’y avait pas de place pour une telle chose. MĂŞme aujourd’hui, la construction sexuelle dans un pays comme le Maroc est très perturbĂ©e, car nous vivons dans une grande hypocrisie. Les relations sexuelles hors mariage ne sont pas autorisĂ©es et, dans le mĂŞme temps, on laisse des champs libres, des lieux plus ou moins cachĂ©s pour exprimer sa sexualitĂ©. Tant que c’est fait en cachette, c’est pratiquement autorisĂ©. Le problème, c’est que cela gĂ©nère de la violence et j’en ai moi-mĂŞme fait les frais. J’ai Ă©tĂ© violĂ© par des hommes du quartier, qui voulaient assouvir leurs besoins sexuels. Je suis devenu l’objet sexuel de tout un monde. Pour moi, c’était normal d’être maltraitĂ©. Aujourd’hui encore, il y a des centaines de petits garçons qui sont violĂ©s tous les jours au Maroc, en silence. Abdellah TaĂŻa, aux origines de l’exil et du malheur Celui qui est digne d’être aimĂ©, d’Abdellah TaĂŻa, Seuil, 144 p., 15 €. Quatre lettres. Ecrites ou reçues par Ahmed. Pour percer l’origine du mal dont il souffre ; celui qu’il inflige aussi. Une correspondance livrĂ©e Ă rebours de sa composition qui s’étend sur vingt-cinq ans, de 2015 Ă 1990, et qui mĂŞle Malika, mère tyrannique, et des amants  Vincent, Emmanuel qui, pas plus que son ami Lahbib, giton sans avenir d’un expatriĂ© français, ne peuvent guĂ©rir la blessure Ă vif d’Ahmed, condamnĂ© au malheur de naissance. Celui qui est digne d’être aimĂ© est le roman » d’un homme Ă©cartelĂ© entre son origine et son illusion de trouver le salut dans le corps des hommes et la langue de l’autre. Un cri contemporain oĂą les carcans sociaux et politiques ne se laissent pas rĂ©duire Ă un hĂ©ritage colonial. Ahmed est Ă©crasĂ© par la figure d’une mère castratrice, qui dirige un monde oĂą lui ne peut ĂŞtre qu’un figurant dĂ©placĂ©. Un fils vouĂ© Ă un impossible dialogue, disant son fait Ă celle qui ne lui a permis d’autre choix que la fuite, au terme d’un sombre rĂ©quisitoire. La mort de Malika n’a pas Ă©teint la colère, puisque cette rage se tourne contre lui-mĂŞme. Pas de gras au fil de cette plongĂ©e vertigineuse aux sources du malheur. Du mal-ĂŞtre qui empĂŞche l’amour. Le bonheur lui est interdit Le bonheur est Ă©videmment une grande confusion …, juste une autre prison. » AdressĂ© Ă Emmanuel, l’amant français intellectuel nanti avec lequel ÂAhmed a signĂ© un pacte pourtant clair, mais qu’il rend responsable de son aliĂ©nation aux codes de la France, cette acculturation qu’il rejette sans nuance, ce constat vaut encore dix ans plus tard, quand tous ses proches ont disparu, morts ou effacĂ©s Avec le temps, surtout en France, terminer une relation, briser mon couple, jeter par terre l’autre, l’amour, me donnait une jouissance rare. Par ma propre volontĂ©, je me retrouvais plus seul que jamais. Plus personne pour m’emprisonner avec ses sentiments pour moi, avec son affection et son sexe. J’étais seul et dur. Seul et seul. » Cette incapacitĂ© Ă aimer tient autant Ă la matrice familiale qu’à la mort de Lahbib, le giton, ce grand frère » qui sait très tĂ´t qu’il n’aura pas d’issue Ă son sort de paria, condamnĂ© Ă la misère et Ă l’opprobre qui frappe ceux qui aiment les hommes. Par l’audace d’une construction qui, en remontant le temps et en croisant les voix, interdit d’hĂ©roĂŻser ÂAhmed, que cette introspection terrible met simplement Ă nu, ÂAbdellah TaĂŻa dĂ©voile le malheur interminable » de celui qui a perdu sa terre et n’a plus de langue propre pour se retrouver. DissĂ©quant son cĹ“ur dictateur » qui le condamne Ă une  solitude dĂ©terminĂ©e », Ahmed, double d’Abdellah TaĂŻa, dit la condition d’un Marocain francophone exilĂ© de sa langue, de sa terre et de la norme sexuelle. Abdellah, en donnant la parole Ă ÂAhmed, dit la mission de l’écrivain qui s’assume en paria, cousin revendiquĂ© d’un Jean Genet et d’un HervĂ© Guibert dont il envie la gloire douloureuse. poignant et implacable. Dans votre dernier roman, Celui qui est digne d’être aimĂ© », inspirĂ© de votre propre vie, le personnage principal règle ses comptes avec sa mère, qu’il dĂ©crit comme un tyran. En voulez-vous Ă votre propre mère de ne pas vous avoir protĂ©gĂ© ? Que pouvait-elle faire ? Assumer devant tout le quartier ? Cela reviendrait Ă se rendre infĂ©rieure dans le jeu social. Ma mère ne pouvait pas devenir rĂ©volutionnaire. Elle l’était dĂ©jĂ dans la mesure oĂą elle assurait tous les jours la survie de neuf enfants, avec le salaire de mon père qui ne dĂ©passait pas 1 000 dirhams par mois 90 euros. Pour moi, ça, c’est dĂ©jĂ une bataille politique. Mes parents n’étaient ni ignorants ni homophobes, ils vivaient dans la rĂ©alitĂ© de la pauvretĂ©. Ils n’avaient d’autre choix que de rejeter le petit pĂ©dĂ© » que j’étais. J’ai le droit de leur en vouloir sur le plan intime, mais pas sur les plans politique et social. S’il fallait faire un procès, ce serait celui des politiciens, ce sont eux qui ont laissĂ© les gens dans la souffrance. L’homophobie est-elle une question politique au Maroc ? Les homosexuels ne sont-ils pas lynchĂ©s par les citoyens eux-mĂŞmes ? C’est une homophobie du système politique. A partir du moment oĂą la loi marocaine dit qu’un citoyen homosexuel est un criminel, elle donne l’autorisation Ă tous les autres citoyens de maltraiter les homosexuels. Les lynchages sont une continuitĂ© du silence du pouvoir. En Ă©vitant de condamner les agressions, les responsables politiques les encouragent de fait. La rĂ©action sociale est liĂ©e au pouvoir. Il faut d’abord changer la loi pour changer les mentalitĂ©s. MĂŞme dans un pays musulman ? Les gens s’appuient sur la religion pour lĂ©gitimer l’homophobie alors que ce mal est foncièrement politique. D’ailleurs, les agressions homophobes avaient lieu bien avant l’arrivĂ©e des islamistes au pouvoir. Je suis musulman et la religion n’a rien Ă faire dans ce combat. Pour moi, l’islam, mĂŞme s’il est manipulĂ© de nos jours Ă des fins politiques, c’est avant tout un espace, une histoire, une civilisation, des philosophes, des poètes. Loin de la vision stĂ©rile que l’Occident peut en avoir aujourd’hui. Plus de dix ans après la rĂ©vĂ©lation de votre homosexualitĂ© dans la presse marocaine, qui a provoquĂ© l’ire des milieux conservateurs, pensez-vous que les mĹ“urs se libèrent ? Une partie de la population pousse au changement. Mais dès qu’on veut faire bouger les lignes, il y a des gens qui veulent nous ramener Ă nos prĂ©tendues traditions. Comme si celles-ci ne pouvaient pas Ă©voluer ! On en revient Ă la question de la loi tant que les changements de mentalitĂ© ne sont pas appuyĂ©s par des changements de loi, ils se dilueront et ceux qui les portent finiront par rejoindre le camp conservateur. MĂŞme la bourgeoisie marocaine, Ă©duquĂ©e et libre en apparence, finit toujours par se rĂ©tracter, pour protĂ©ger ses intĂ©rĂŞts Ă©conomiques. La mobilisation de la sociĂ©tĂ© civile sur les rĂ©seaux sociaux accompagne-t-elle ces changements ? Internet permet de pointer le manque de libertĂ©, mais je ne suis pas dupe de la nouvelle dictature du clic, du sensationnalisme. On est scandalisĂ© par la vidĂ©o d’un homosexuel marocain tabassĂ© et, la minute d’après, on regarde quelle robe Rihanna a portĂ© la veille. Vous avez choisi d’écrire en français, que vous n’avez appris qu’à l’âge de 18 ans. Pourquoi vous ĂŞtes-vous acharnĂ© Ă maĂ®triser cette langue ? Par vengeance au dĂ©but. Parce qu’au Maroc, le français est la langue des riches qui Ă©crasent les pauvres et moi, j’étais pauvre. Je ne voulais pas laisser le mektoub destin » en arabe m’écraser. J’ai très vite compris que cette chose qu’on appelle le français allait me permettre de quitter l’irrĂ©vocable place assignĂ©e au pauvre. Pauvre et homosexuel, c’est la double peine ! Comme je ne pouvais pas mener le combat avec ma famille pour leur demander de m’aimer, je suis allĂ© sur un terrain beaucoup plus politique, plus ambitieux. MaĂ®triser le français, c’était prendre le pouvoir. Mais j’étais trop jeune, je ne me rendais pas compte des enjeux politiques liĂ©s Ă cette langue. Lire aussi La terreur au cĹ“ur d’une famille marocaine, par Abdellah TaĂŻa Quels sont ces enjeux ? Le français continue d’instaurer une forme d’apartheid social au Maroc. Il ouvre la porte Ă une certaine classe sociale, Ă certains postes et mĂŞme Ă une lĂ©gitimitĂ© intellectuelle. Ceux qui ne le maĂ®trisent pas n’ont pas rĂ©ellement de valeur sur le marchĂ© du travail, ni dans les milieux intellectuels. C’est du racisme, il faut le dire. Dans tout cela, je vois une permanence du colonialisme français. Si le français est source de racisme, pourquoi n’écrivez-vous pas en arabe ? Je comprendrais qu’on m’en fasse le reproche. Mais je n’ai eu conscience de ces enjeux que plus tard. Aujourd’hui, je ne sais pas si je parviendrais Ă Ă©crire en arabe. Cette langue me domine. Avec le français, que je ne maĂ®trise pas aussi bien, il y a une guerre, il y a le feu. C’est ce qui me pousse Ă Ă©crire. Je crois que c’est mĂŞme cela qui donne une singularitĂ© Ă mon style, dĂ©mystifiĂ©, oĂą le rythme vient beaucoup de la langue arabe. J’ai l’impression que le français peut s’arrĂŞter du jour au lendemain en moi. Cette annĂ©e, vous Ă©tiez invitĂ© au Salon du livre Ă Paris, oĂą le Maroc Ă©tait Ă l’honneur. Comment expliquer que le pouvoir marocain vous mette en avant malgrĂ© votre militantisme pour la cause homosexuelle ? Parce que je ne suis pas Brad Pitt ! Le jour oĂą je deviens le Brad Pitt de la littĂ©rature, que je me mettrai Ă vendre des best-sellers, les autoritĂ©s marocaines seront obligĂ©es de changer d’attitude. Mais l’idĂ©e n’est pas de rentrer dans un combat avec le pouvoir. Je veux tenter de sensibiliser les Marocains, et venir en aide Ă ces petits garçons victimes de violences sexuelles. Ghalia Kadiricontributrice Le Monde Afrique Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil Ă la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. DĂ©couvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil Ă la fois ordinateur, tĂ©lĂ©phone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous ĂŞtes la seule personne Ă consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez Ă lire ici ? Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connectĂ© avec ce compte. Y a-t-il d’autres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant Ă des moments diffĂ©rents. Vous ignorez qui est l’autre personne ? 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